“Europe: Lost in Translation?

L’idée d’extension de l’Europe de Lisbonne à Vladivostok au lieu de la reprise de la guerre froide

« L’Europe : perdue dans les interprétations ? » – La déclaration de Berlin de la conférence commune du Forum public mondial « Dialogue des civilisations » et du forum germano-russe.

À BERLIN, le 15 mai 2014. Au cours de la conférence du Forum public mondial et du forum germano-russe « L’Europe : perdue dans les interprétations ? », l’accent a été mis sur les moyens à mettre en œuvre afin de surmonter la séparation croissante et amorcer les nouvelles bases pour une Europe unie de Lisbonne à Vladivostok. Plus de 70 experts provenant de plus de 20 pays du monde entier ont pris part à la conférence.

Différents sujets ont été abordés par les groupes de travail. Notamment, les moyens d’organisation de la zone de libre-échange qui s’étend de l’Atlantique au Pacifique et ceux de collaboration entre l’UE et l’Union Eurasiatique. Les participants de la conférence sont unanimes sur le fait que la crise actuelle en Ukraine exige une reconsidération profonde dans un vaste espace européen. Isolement, confrontation et conflit ne peuvent conduire qu’à la perte de toutes les parties. La confirmation de l’attachement à l’Europe unie est nécessaire, ainsi que l’élaboration de nouvelles formes de collaboration qui permettront de lever les barrières, anciennes et nouvelles.

Mathias Placek, Président du forum germano-russe, a précisé dans son discours : « La situation dramatique à laquelle est confronté le peuple ukrainien ne peut être résolue qu’avec l’assistance conjointe de la Russie et de l’Europe. Néanmoins, nous devons de reconnaître que le manque de confiance et les accusations mutuelles ont divisé l’Europe et nous ont paralysés. Ceci devrait nous servir à tous d’avertissement dramatique. En cours de négociations avec l’Ukraine, il faudrait éviter de choisir entre l’Accord d’association avec l’UE et l’Union douanière. Or, cela demanderait de gros efforts et une volonté de faire des concessions de la part des deux parties. Au sein d’une Europe stable, de Lisbonne à Vladivostok, la lutte pour le pouvoir et les conflits semblables au conflit ukrainien ne doivent plus avoir lieu. Ils seraient tout simplement dénués de sens. Tout d’abord, ils devraient être résolus le plus vite possible c’est-à-dire désescaladés. À mon avis, l’Europe élargie ne doit pas se résumer à la vie économique. Chaque événement de notre forum est l’occasion de ressentir la richesse des liens étroits culturels et historiques entre nos pays. Certes, nous sommes liés par des activités économiques, mais aussi par un héritage chrétien et humanitaire dont l’histoire compte plus de mille ans ».

Les groupes de travail se sont également focalisés sur les questions clés d’ordre géoéconomique, ce qui s’oppose au principe de l’Europe élargie, notamment le besoin d’une croissance économique forte et stable, d’une diversification et d’un rebalancement, d’une réduction des inégalités et de la pauvreté, ainsi que d’une unification de la mobilité et de l’intégration. De par leurs brèves interventions et leurs débats animés, les experts ont mis en évidence les principaux obstacles pour une collaboration plus étroite dans un espace européen élargi. Ils ont également étudié les politiques et stratégies possibles pour assurer une prospérité fiable et la liberté pour tout le monde.

Les participants sont parvenus à la conclusion que l’on assiste ces deux dernières décennies à la croissance d’une idéologie dominante et d’un monde unipolaire, dont l’impact compromet l’unicité et la diversité de l’Europe élargie. Les catégories standards telles que la « globalisation », « la société postindustrielle » ou « fondée sur les valeurs communes de la politique extérieure » peuvent se solder par une double crise des inégalités et de l’atomisation de la société. Depuis 1989, nous sommes passés du monde des menaces matérielles à celui des risques nébuleux en créant des inquiétudes et en attisant des craintes pour l’avenir.

Comme l’a fait remarquer Fred Dallmayr, co-président du Forum public mondial et professeur de philosophie et des sciences politiques à l’Université Notre-Dame (USA) : « La crise ukrainienne a engendré un risque de retour à la guerre froide. Nous devons éviter que cette situation n’arrive. Cela entraînerait des pertes pour l’Europe, nous devons donc l’éviter. Nous ne devons pas identifier l’Europe à l’une de ses parties, notamment au capitalisme, capitalisme financier. La liberté d’entreprise a de bons côtés, mais si elle est absolue, elle deviendra une idéologie totalitaire, ce qui mènerait à une catastrophe semblable à la crise de 2008–2009 qui a volé et a privé des millions de personnes de leurs biens. Nous devons renoncer au totalitarisme libéral, à cette idéologie dominante qui ne tolère aucune concurrence. D’autre part, nous ne pouvons pas non plus identifier l’Europe au nationalisme, notamment à ses manifestations extrémistes ».

Ainsi, les experts de la conférence sont certains que pour éviter l’escalade du conflit et le dévalement vers le chaos, nous devons résolument passer de la logique de la guerre froide au langage de l’amitié en échange de l’opposition à l’intégration européenne et eurasiatique. Face à la menace de la troisième guerre mondiale, les participants de la conférence appellent à une nouvelle approche paneuropéenne et paneurasiatique dont l’origine provient des liens culturels et sociaux existants, ainsi que du dialogue entre les représentants de la société civile des pays européens.

« Chaque fois qu’un conflit émerge, nous devons nous rappeler la Première et la Deuxième Guerres Mondiales. Pourquoi les peuples, pourquoi les États ne veulent plus communiquer les uns avec les autres ? Ils ne s’écoutent plus les uns les autres. Les rapports et les émotions tendus ont fini par provoquer une tragédie européenne. Je n’ai pas envie de partager des déclarations pessimistes. Je considère qu’après la Deuxième Guerre Mondiale les gens ont tiré des leçons de l’histoire et aspirent à éviter que de tels événements ne se reproduisent. L’Union Européenne a été créée dans l’objectif de prévenir des guerres à l’avenir. Lorsque le Conseil de l’Europe a été fondé, il reposait sur les valeurs communes, avant tout dans le domaine des droits de l’homme. Les guerres civiles présentent une menace pour le monde européen », – a déclaré Walter Schwimmer, co-président du Forum public mondial « Dialogue des civilisations » et secrétaire général du Conseil de l’Europe (1999–2004). Dans le cadre des débats sur la crise ukrainienne, il a également remarqué : « Une table ronde qui exclut un joueur important, n’est plus une table ronde, et n’aboutira pas ».

Au cours de la conférence de Berlin, d’éventuelles formes de nouvelle collaboration ont été étudiées dans les domaines de la géopolitique, de la géoéconomie et de la société du savoir. Parmi les idées politiques proposées, on distingue tout d’abord les nouvelles approches pour une architecture générale de la sécurité européenne dans l’esprit des Accords d’Helsinki et de la Charte de Paris de 1990 ; puis, la reprise des investissements dans les domaines de l’éducation et des recherches scientifiques avec l’élaboration d’infrastructure telles que l’initiative Développement ; enfin, l’exploitation du potentiel de la société numérique européenne, liée à l’ouverture des frontières et à l’abolition des contraintes de visas. Les crises semblables à celle de l’Ukraine ne peuvent être résolues ou évitées que si l’Europe toute entière aspire à un avenir commun.

Comme l’a souligné Vladimir Iakounine, co-fondateur du Forum public mondial « Dialogue des civilisations » : « Nous vivons sur le même continent portant le nom d’Eurasie, donc l’Europe, et l’Asie, et la Russie fait partie en même temps de l’Europe et de l’Asie. De plus, j’ai toujours soutenu la position de l’intégration la plus poussée ».

Outre cela, les participants de la conférence ont exprimé leurs vives inquiétudes au sujet de la croissance des mouvements d’extrême droite dans les pays européens. Ils consentent à ce que toute forme d’extrémisme à droite doive être résolument proscrite. Ils appellent également les médias à conjuguer leurs efforts pour la lutte contre ce phénomène dangereux. Ainsi, la conférence de Berlin aspire-t-elle à mobiliser l’opinion publique pour la protection et le soutien de l’unicité dans la diversité en Europe.

La collaboration du forum public mondial et du forum germano-russe repose sur les principes du respect mutuel et de l’échange bilatéral, avec la reconnaissance de « l’autre » – adversaire – en tant qu’interlocuteur égal avec ses particularités culturelles uniques. Seule cette approche, basée sur le dialogue continu des membres de la société civile, peut faire découvrir « la valeur de la magistrale des civilisations » (Vladimir Iakounine). Les deux parties adhèrent au dialogue des civilisations qui « peut garantir des fondements stables au développement de la communication, de la compréhension mutuelle et de la collaboration en Europe ».

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